Témoignages

Ma rencontre avec João de Deus

Si une bonne fée m’avait annoncé il y a quelques années que j’accompagnerais des groupes de personnes à Abadiânia, au Brésil, chez un guérisseur médium j’aurais gentiment secoué la tête en pensant : « C’est n’importe quoi ! » Les choses ont bien changé, et aujourd’hui plus rien ne m’étonne au sujet de mon parcours personnel : me voilà maintenant guide pour Abadiânia et en plus fière de l’être !

En début 2002 tout s’est enchaîné tellement rapidement que je n’ai guère eu le temps de beaucoup réfléchir. C’est en mars 2002 que j’ai lu pour la première fois un article sur le guérisseur médium João de Deus dans le magazine suisse Alternatif. J’ai alors commandé une cassette vidéo pour en savoir un peu plus sur cet homme et ses dons de guérisseur. Etant moi-même thérapeute, je suis toujours très intéressée par d’autres méthodes de guérison du corps et du mental. Lorsque j’ai visionné pour la première fois les images enregistrées de João de Deus, ce fut comme un déclic pour moi et une voix intérieure m’ordonna : « Fais le julia et joa voyage, rends-toi à la Casa ! »

J’ai alors mentalement protesté, peut-être simplement pour la forme : « Mais je ne suis pas malade... ». La voix qui parlait dans mon esprit répéta : « Viens ! »
Deux jours après cet événement pour le moins étrange, je réservai mon billet d’avion pour me rendre le plus vite possible au Brésil, chez le célèbre guérisseur João De Deus.

Sur place j’ai découvert le monde très spécial, magique, de la Casa de Dom Inacio, le centre de guérison spirituelle d’Abadiânia. Lors de ce premier séjour, je ne suis restée que deux semaines à la Casa, mais ce furent deux semaines importantes et cruciales pour la suite de mon cheminement personnel. Un jour, alors que j’étais en profonde méditation dans l’une des salles de méditation de la Casa, je me suis posé la question suivante: « Mais au fond, pourquoi suis-je ici ? » La réponse jaillit sans tarder de mon esprit : « Pour emmener à la Casa des personnes qui ont besoin du travail de João ». Lorsque ce message, d’une clarté étonnante, m’est parvenu, j’ai protesté une nouvelle fois, car j’avais alors d’autres projets pour mon avenir ; entre autres celui, essentiel pour moi, de retourner en Inde pour me retrouver aux pieds d’un grand maître.

Comme je suis quelqu’un de très curieux, j’ai décidé de présenter cette demande à Joao, et laisser aux Entités, à travers lui, le soin de me confirmer si ma mission serait bien de devenir un « guide » et d’aider des groupes à se rendre à Abadiânia. C’est très certainement à ce moment-là que tout a définitivement basculé pour moi. João posa son regard intense et profond dans le mien, et avec un grand sourire comme lui seul sait en faire, il prit ma main et me dit simplement : « Oui, tu vas accompagner des groupes à Abadiânia ».

Plus tard je me suis demandé quelle Entité était présente à ce moment-là, qui a scellé ainsi ma route, balayé tous mes autres projets, m’a mise sur un chemin dont je ne soupçonnais pas les difficultés ni l’ampleur de la tâche, et encore moins les changements que tout cela impliquerait dans ma vie !

Une fois rentrée en Suisse tout s’est enchaîné très vite pour moi. Les bonnes personnes ont fait leur apparition au bon moment et les nombreux doutes que j’avais se sont estompés progressivement.

Il faut quand même que je précise que je suis passée par des moments très difficiles où j’ai vraiment eu envie de tout laisser tomber. Mais chaque épreuve a été ressentie comme un examen, une remise en question pour moi. J’ai le sentiment profond que les Entités me veulent performante pour cette mission.

Les gens que je rencontre me demandent souvent : « Pourquoi as-tu décidé de devenir guide à la Casa ? »

La principale raison est que plus le nombre d’êtres humains qui seront en contact avec les énergies de la Casa sera élevé, plus leur propre lumière irradiera et illuminera le monde. A notre époque tourmentée nous avons réellement besoin de chaque parcelle de cette lumière d’amour et d’espoir. Et je conserve toujours cette belle image dans mon esprit: la Casa de Dom Inacio est comme une énorme station-service à laquelle chacun peut enfin faire le plein d’amour, de joie et de confiance, jusqu’à satiété.

Je suis toujours émue par ces personnes, souvent très malades, qui prennent leur courage à deux mains pour affronter les longues heures d’attente dans les aéroports et les avions afin d’aller chercher la guérison de leur corps si loin de chez eux. Souvent, au moment de la décision de partir « là-bas », la magie commence déjà à opérer... Le voyage est bien plus facile et agréable que prévu : même celui qui quitte son pays avec une double hernie discale se surprend à supporter facilement les inconforts inhérents à un tel voyage. En fait, j’ai le sentiment profond que dès que notre décision est prise, nous sommes déjà sous la protection des Entités.

Sur place, à Abadiânia, chacun se transforme plus ou moins rapidement. Il faut dire que la Casa est une vraie « machine à laver ». Les émotions remontent, sont brassées et nettoyées durablement, parfois avec beaucoup de douleur, mais toujours avec une joie infinie. Certains passent par tous les stades imaginables de révolte, de colère, d’agressivité, de fatigue et de peur. Lorsque l’enveloppe (le corps physique) est déchirée, mise à mal, alors l’être humain entre en contact direct avec son essence, sa fragilité, mais aussi sa force. Mon rôle de guide est d’être à l’écoute de chacun, d’entourer ces visiteurs de la Casa sans les materner. Je leur propose des rituels pour expulser ces émotions et faire confiance à la guérison de leur âme. La notion de groupe est aussi là pour aider. Comme certains participants l’ont exprimé : « Sans ce soutien de la part du groupe et des guides, je n’aurais peut-être pas osé aller si loin, me laisser vraiment aller – lâcher prise ! ».

Depuis ma première visite à Abadiânia, le temps a passé. J’y ai conduit plusieurs groupes et mon enthousiasme est toujours intact. J’ai eu la chance d’apprendre énormément sur l’être humain qui, dans la maladie se retrouve tout à coup placé face à lui-même, arraché à ses petites habitudes, son confort de vie, et soudainement très fragilisé sans ses repères habituels. La plupart des personnes viennent à la Casa pour guérir un ou plusieurs problèmes physiques. Or, une fois sur place, il est tout à coup évident que la guérison s’opère sur d’autres plans. Donc la guérison du corps exige souvent du temps que nous, les Occidentaux, n’avons plus. Dans notre société de consommation et de conception mercantile, nous pensons que nous avons le droit, en échange d’un payement en argent, d’être guéris sans délai, rapidement, comme nous le promet la médecine moderne. Au fait, en venant au Brésil, n’avons-nous pas payé le long voyage et fait des sacrifices matériels pour ce séjour ?
Le problème c’est qu’à Abadiânia les soins sont gratuits et exigent de la confiance et parfois du temps pour se matérialiser dans notre être. Le concept est différent, les résultats aussi.

Une chose importante que j’ai apprise à Abadiânia est de ne plus me poser tellement de questions à propos du « Pourquoi ? ». Peut-être la clef de la guérison se trouve-t-elle simplement dans les mots « accepter ce qui est et accepter ce qui peut se  produire », même si nous ne les comprenons pas toujours.

João m’a dit un jour que ma mission est « d’aimer Dieu ». Comme une parcelle de Dieu se trouve en chacun de nous, cela veut dire, pour moi, que ma mission est d’aimer chaque femme, chaque homme et de les accepter sans jugement et sans préjugés.

                                                                                                                                                                  Julia ANDRÈE

"Comme je n'attends rien, je suis toujours rempli de gratitude pour les dons les plus modestes de la vie". Ralph Emerson

En résumé,

Abadiânia est un lieu unique au monde. Je dirais même que c'est presque un coin de paradis. (Françoise)

Lorsque vous faites un séjour à Abadiânia, vous n’êtes plus la même. Les problèmes ne deviennent que des solutions, les questions que l’on se pose trouvent toutes leurs réponses. (Francine)

J’ai été surpris par la rapidité des Entités, c'est-à-dire du fait que lorsque je me suis présenté devant les différentes Entités que j’ai consultées, il ne m’a même pas fallu parler, elles savaient déjà tout. Je ne trouve même pas les mots pour expliquer toute cette énergie positive qui règne à la Casa. (Vincenzo)

Ce qui est certain, c’est qu’après ce séjour mes valises contenaient, en plus des expériences vécues, trois cadeaux de grande valeur : de la joie, de la gratitude, et de l’amour à profusion ! Les valises sont maintenant rangées, mais ces cadeaux-là, eux, sont bien vivants : ils me remplissent, se répandent et se partagent autour de moi, exhalant un délicieux parfum ! (Colette)

Plusieurs mois après notre voyage j’ai l’impression de parler toujours et encore à des dizaines de personnes de ce changement capital qui s’est produit dans ma vie et j’ai l’impression que tellement de personnes comprennent et cherchent la même chose... (Basia)

L'amour que ces êtres lumineux nous portent m'a tout simplement bouleversée, cela m'a émue tellement, j'ai fondu en larmes et j'aurais voulu ne jamais avoir à les quitter...Les Entités sont dans mon coeur. (Vanessa)

Le groupe est arrivé en parlant de ses misères et au fur et à mesure que le séjour se déroulait, on ne parlait plus que des joies rencontrées dans la journée. A la fin du séjour on ne parlait plus que de bonheur, les visages étaient épanouis, rajeunis. (Anne-Marie)

Une fois de plus je suis admirative du travail magnifique que réalisent les Entités et ô combien reconnaissante de l’attachement qu'elles ont à apporter à une réponse adaptée à la sensibilité, à la psychologie et au degré d'éveil de chacun. (Nicole)

Je suis arrivée avec plein de questions dans ma tête, je suis repartie avec plein des réponses dans mon cœur. (Anne)
Concernant Joao, je suis admiratif qu’un homme puisse assurer un tel « service » ! Les Entités le soutiennent et l’entourent, j’en suis persuadé, il n’y a qu’à sentir l’énergie qui se dégage lorsque l’on s’approche à 6 m de lui dans la salle des médiums. (Didier)

ABADIANIA : un endroit magique pour qui vient, non seulement pour guérir physiquement, mais surtout spirituellement. C’est un endroit baigné d’énergies et d’Amour. Un Amour présent dans le lieu et dans les personnes qui participent et/ou qui aident au bon déroulement du séjour. Durant les deux semaines, grâce au dévouement de Julia et Norbert, des expériences et des échanges m’ont profondément transformée. Je suis comme dans une bulle ! (Floriane)

Je me rends compte ici que le possible se trouve juste un petit peu après l'impossible et qu'il suffit d'un seul pas pour le rencontrer. Et c'est la rencontre qui marque. Pour moi, il y a un avant- Abadiânia et un après- Abadiânia. (Joëlle)

L’expérience faite à Abadiânia est un grand tournant dans ma vie. (Sébastien)

Ici, tous les bobos

sont dévoilés sans peur puisque, pour moi, la CONFIANCE ABSOLUE a régné, confiance totale en Julia, en João, en lui...Ici, tout en se trouvant acteur de sa guérison, le patient est aidé par les rencontres, est porté par le groupe, si on ne se laisse pas distraire de l’objectif poursuivi. Ici, l’orpheline en quête de sécurité a retrouvé ses sentiments d’enfant insouciante protégée par des bras réconfortants ! (Marie-Thérèse)

La réalité d'Abadiânia m'imprègne et habite dans mon cœur. Je reste avec le sentiment d'avoir vécu l'expérience la plus forte et la plus enrichissante de mon existence. (Marianne)

Je garderai un souvenir lumineux de cette expérience hors du commun. Désormais, comme je l’ai crié dans les collines lors du rituel du lancer de pierres avec Julia, je n’ai plus qu’une envie, c’est de « danser dans la lumière » ! (Béatrice)

J’étais partie avec confiance et espoir, Abadiânia représentait l’inconnu total et ma dernière chance. Je me sentais vaincue par un poids de souffrances physiques et morales et de désespérance ; malgré toute l’affection des miens. Je suis revenue avec un esprit et un cœur neufs : à mon âge c’est une performance... (Gertrude)

João et les Entités nous font comprendre que nous sommes responsables de notre mal être ou de notre souci de santé, et ils mettent tous les moyens en place pour évacuer ces blocages et nous aider à avancer sur notre chemin de guérison. (Francine)

Comment décrire cette expérience extraordinaire par des mots et des images alors que quasiment tous mes sens ont été émerveillés. Quelle expérience incroyable pour un quasiment «athée» que j’étais encore quelques jours avant ce séjour ! (Patrick)

Je souhaite à tous ceux et celles qui liront ces lignes d’avoir la chance de vivre une telle expérience. On peut vraiment dire qu’il y a un avant et un après. Par l’intermédiaire de notre guérison, toute l’humanité de la planète bénéficie de cette énergie. Je le ressens profondément. L’amour de Joâo et des Entités pour nous rejaillit sur tous puisque nous sommes Un. (Jacqueline)

Plus jamais je ne verrai la vie comme avant. Je savais que tout cela existait, mais là j’en suis persuadé : les Êtres de Lumière sont là, ils ont toujours été là, ouvrez votre cœur et votre âme, laissez-vous guider par cette lumière apaisante, laissez la colère et la violence de côté. Acceptez les Êtres de Lumière, car ils ne demandent que cela pour le bien de tous, la Lumière est une vérité et cette vérité vous guérit. Je me sens maintenant comme un être humain qui connaît sa voie, son chemin. (Samuel)

Je suis rentrée de ce voyage avec une complète transformation de ma vie. Oh, il y a encore du travail, mais je suis sur le chemin du changement et, croyez-moi, c’est beaucoup de bonheur, de paix et de sérénité. (Liliane)

L’expérience de la Casa a été tellement enrichissante que je désire y retourner pour recevoir encore cette puissante énergie d’amour ! Je me suis sentie tellement sereine et en paix là-bas que c’est difficile de quitter cet endroit (Vanessa)

Là-bas, à Abadiânia, ils nous donnent tout leur amour, j’étais baigné d’une spiritualité profonde, dans la vérité, tout est capital là-bas. C’est vraiment un centre, je ne veux pas dire que c’est le centre du monde, mais en tout cas c’est un centre de vérité, de pureté. Si on regarde vraiment avec les yeux du cœur, alors on n’est plus aveugle, on voit vraiment clair en soi. (Loïc)

Je suis venue à Abadiânia dans le but d’être guérie de mes deuils successifs, ainsi que de plusieurs problèmes de santé, mais à aucun moment mes bobos n’avaient de l’importance là-bas, je dormais en moyenne sept heures par nuit, ce qui est un exploit pour une insomniaque. (Doris)


Le cœur de la Casa bat à un rythme vigoureux et régulier.


De Diego, volontaire de la Casa de Dom Inacio

Voici une petite histoire dont nous avons été témoins, une histoire toute simple de la Casa de Dom Inacio, sans portée considérable – et pourtant, cet après-midi-là de fin novembre ...
Toute l’équipe de la Casa était bien contente d’arriver au vendredi après une semaine intense. Les files avaient été longues et la chaleur, insupportable. Il était déjà 14h30 et la séance de l’après-midi n’avait pas encore commencé. On se posait des questions. Encore un moment et João demanda qu’on attende encore un peu. Les médiums poursuivaient vaillamment leur méditation dans la chaleur de la salle du courant d’énergie. Quelqu’un murmura quelque chose à propos d’un bus, mais personne n’y prit garde. Une autre heure passa, et enfin João fit un signe de la tête. On pouvait commencer ! Et cette séance allait certainement se prolonger tard.

La séance se déroule selon le schéma habituel, intensément. Il y a des opérations, puis les opérés partent en taxi. La file s’écoule gentiment, l’Entité prend tout son temps pour parler aux gens. Puis le tableau se précise. Un bus est parti d’un village près de Rio la nuit passée et tous ses passagers espèrent bien arriver à la Casa pour la séance de l’après-midi. Le bus aurait eu une panne en cours de route et maintenant c’est le jeu de devinettes pour estimer l’heure où il arrivera.
Le temps passe lentement. Nous sommes totalement pris par le travail qui se déroule sous nos yeux, au point d’oublier où nous sommes. Tout en guidant les gens qui viennent de passer devant l’Entité, nous essayons de grappiller des miettes de ce qui se passe au centre, avec João en Entité. De temps à autre tombe une bribe d’information sur le bus. « Il va bientôt arriver ». « Ils viennent de dépasser Brasilia ». « Non, ils viennent de réparer le bus. Ils se dirigent vers Brasilia ».
Les renseignements contradictoires se suivent...Puis il est 18h30. Les files sont maintenant réduites. Puis tombe une directive de l’Entité : il y aura une séance supplémentaire !

Une séance de nuit, qui risque bien de durer jusqu’à 11 heures du soir ! C’en est fait de nos espoirs de passer une fin de vendredi tranquille à la maison. Certains volontaires se désistent immédiatement. J’ai un rendez-vous. Je ne peux pas rester. J’ai affaire...
La séance de l’après-midi se termine. On annonce qu’il y aura une session du soir. A partir de quelle heure, on ne sait. Le bus devrait arriver dans une heure environ. Les volontaires qui veulent rester sont les bienvenus, mais on a le choix.
La longue attente commence. Nous buvons du café, regardons le soleil se coucher, nous nous promenons dans le jardin et causons... Certains d’entre nous sont partis, les moustiques peuvent mieux cibler leurs victimes. Avec l’obscurité l’air s’est rafraîchi. Il est 21h30, toujours pas de nouvelles du bus.
Finalement on entend un bruit de moteur diesel près du portail. Les voilà, Wow ! Il est 11 heures du soir. 23 heures. l’Entité n’avait-elle pas dit quelque chose à ce propos ?

En un clin d’œil João est allé vers le bus. Il remercie personnellement chaque passager du bus en leur offrant un tee shirt au nom de la Casa. D’un coup la Casa est en pleine effervescence. Certains vont prendre une douche. La cafétéria est de nouveau ouverte. Marinalva, la cuisinière, compte les gens. Même à la cuisine on s’affaire, la soupe est sur le feu !
Enfin la séance commence. De l’estrade João remercie les gens d’être venus. Il leur narre quelques anecdotes et parle de sa mission. Puis il se dirige vers la salle de méditation pour commencer la séance.

Nous volontaires, nous le suivons. Dans les salles peu éclairées règne une atmosphère chaude, accueillante, un peu moite. João murmure ses prières et lorsqu’il est incorporé, je remarque qu’il boite. Pas vrai ! Est-ce Dom Inacio ?

Dom Inacio annonce son arrivée en fredonnant une chanson, puis il accueille chacun des visiteurs et engage la conversation. Les personnes dans la file semblent tout droit sorties d’un roman de Garcia Marquez. Il y a ce vieil homme appuyé sur une canne, des touffes de poils sortent de ses grandes oreilles, son visage est buriné par les années de labeur en plein soleil. Dom Inacio empoigne son dos et donne une poussée à son torse. Nous nous empressons de soutenir l’homme lorsqu’il menace de tomber après son opération. Et cette dame presque aveugle en robe grise, qui se répand en larmes après que Dom Inacio lui a dit qu’elle doit revenir deux fois pour être guérie. Tous passent devant l’Entité, certains pleins de confiance, d’autres révèlent leur appréhension, certains sont remplis d’émotion, d’autres à peine, mais tous portent sur eux cet éclat, signe que leur âme a été touchée. Il y a plusieurs opérations, d’autres personnes prennent place dans la salle de l’Entité. Nous les volontaires nous courons de ci, de là pour assister pendant les opérations et conduire les gens à leur place, jusqu’au dernier. J’ai alors l’intuition que c’est ça, la Casa, la raison d’être et le cœur de la Casa :
ces gens, qui ne pouvaient venir ici que pour une séance le vendredi après-midi parce qu’ils ne pouvaient pas manquer le travail plus qu’un seul jour. Alors ils ont voyagé en bus une partie de la nuit et du jour suivant pour assister à cette séance, puis s’en retourner tout de suite chez eux.

La voix de l’Entité me tira de ma rêverie. « Écoutez ce que j’ai à vous dire ! Il y a des gens qui disent que j’ai abandonné ce Médium. Ils disent que je travaille ailleurs. Moi, je vous le dis : je ne quitterai jamais ce Médium. Et je ne m’incorpore dans aucun autre Médium. C’est seulement s’il décidait un jour de demander de l’argent pour ses consultations, alors là je l’abandonnerais. Je resterai à ses côtés et lorsque sa mission sur terre sera réalisée, je l’amènerai à son mentor pour qu’il travaille à la prochaine étape de son évolution. »

Sur ce, il bénit tous les gens d’un large geste du bras, nous invita à clore la séance et sortit du corps du médium.
Suivant les instructions de João, chacun reçut de l’eau bénite pour en ramener chez soi. Après avoir fermé les salles de méditation, nous nous retrouvâmes sous le couvert pour une soupe bien chaude. L’endroit était très animé, le niveau d’énergie vraiment élevé. Certains volontaires se sentaient si bien qu’ils n’avaient même pas envie de rentrer chez eux.

Finalement tout le monde était remonté dans le bus, João les avait personnellement remerciés, le bus partit dans la nuit.
Il était bien plus tard que minuit dans ce petit village du Brésil central, loin des yeux des médias, loin de la curiosité maniaque du monde, et il était difficile de comprendre ce qui venait de se produire. Le bourdonnement de l’air était le témoin silencieux de tout ce qui s’était passé. Quant à moi-même, c’était une preuve de plus d’un homme réalisant sa mission alors que beaucoup autour de lui en auraient douté. Cette nuit-là plus que jamais, il avait montré pourquoi on l’appelle Jean de Dieu.