Heureusement nous ne savons pas toujours à l’avance ce que le futur nous réserve comme surprises. Je suis déjà partie plusieurs fois avec des groupes à Abadiânia, le Centre de guérison de Dom Inacio au Brésil, et chaque fois le groupe est très différent du groupe précédent.
Encore maintenant je fais presque des cauchemars quelques jours avant le départ du groupe, par peur de ne pas avoir pensé à tout. Comme c’est moi qui apporte les billets d’avion pour les personnes au départ de Genève, c’est toujours angoissant d’imaginer que j’ai oublié quelqu’un. Heureusement mes peurs sont infondées, tout le monde est là, peut-être avec du retard ou déjà de l’autre côté de l’aéroport dans le secteur français ! Des sueurs froides pour rien ! Nous finissons toujours par nous retrouver. C’est aussi souvent le premier contact visuel avec la personne entendue seulement au téléphone. Je peux enfin mettre un visage sur une voix.
L’aventure, pour un/e participant/e et pour moi-même, commence par le premier contact téléphonique ou par l’envoi d’un mail. Je suis toujours émerveillée par le courage des personnes de se lancer à plus de 9000 Km de chez elles dans cette formidable expérience que représentent le Brésil et le guérisseur médium Joâo de Deus.
Aujourd’hui tout le monde est là à l’aéroport, accompagné de leur famille et des amis, quelques personnes vont nous rejoindre à Paris, où nous faisons une escale. La nervosité est là, à fleur de peau. C’est normal, pour tous les participants c’est la première fois qu’ils se rendent à Abadiânia et pour deux personnes, c’est leur premier vol en avion. Déjà pour les bien-portants le voyage est très long, plus de 24 heures, et comme nous avons beaucoup de personnes, dans le groupe, qui sont atteintes dans leur santé, je comprends leur appréhension pour cette aventure brésilienne.
Notre homme avec double hernie discale me fait quelques soucis, Jean * m’a déjà avertie avant de partir qu’il ne peut pas rester assis plus de 20 minutes et qu’à la maison il reste couché la plupart du temps. J’ai réservé une assistance avec fauteuil roulant pour les déplacements dans les aéroports et chaque fois je me suis organisée pour lui permettre de se coucher, quand c’était possible, dans les infirmeries à l’aéroport. Pour le grand saut de Paris à Sao Paulo, Jean a trouvé, dans les dernières rangées, trois places pour lui tout seul où il a pu se coucher, le paradis !
J’ai toujours le sentiment que les Entités sont avec le groupe, nous aident, nous encouragent et nous protègent, mais aussi s’amusent avec nous ! Comment expliquer autrement que pendant ce voyage tout allait de travers, ce jeu s’appelle : perdu- retrouvé, et ils ont mis mes nerfs à rude épreuve ! Peut-être voulaient-il seulement me tester un peu…
Ce jeu « perdu-retrouvé »commence déjà à Genève avec un refus de laisser passer Corinne*. Le nom sur son passeport n’est pas le même que sur son billet d’avion. Un moment de panique. Tout s’arrange grâce au téléphone mobile pour contacter les amis qui trouveront et apporteront d’autres documents pour prouver qu’elle est vraiment cette personne. Embarquement au dernier moment pour Paris. J’ai tout de suite pris note de mieux mentionner sur la feuille d’inscription le nom qui figure sur le passeport.
Arrivée à Paris avec mon petit monde de 20 personnes. Notre aînée, Marie*, ne retrouve plus son billet d’avion et nous le recherchons partout. Le billet s’est volatilisé, a probablement glissé de son sac pendant son trajet en chaise roulante. Nous passons au guichet de Varig et l’employée nous imprime un nouveau billet, ça prend beaucoup de temps. Heureusement nous en avons. En même temps j’ai appris quelque chose : un billet perdu n’est pas une catastrophe, en payant quelques Euros on peut le faire remplacer ! Nous payons et passons au guichet pour enregistrer. Là, l’employée ne comprend plus rien : elle a en mains deux billets d’avion avec le même nom. A devenir fou ! Probablement quelqu’un a trouvé le billet et l’a déposé à ce guichet, pourtant il y a cinq autres guichets à disposition ! On nous rembourse même les Euros dépensés pour faire la copie du billet.
Les surprises continuent avec une carte d’embarquement perdue et retrouvée au dernier moment, avec une valise perdue à Sao Paulo et retrouvée à Brasilia, avec Miriam* perdue dans l’aéroport de Sao Paulo et les appels que je lance par haut- parleur, sans succès, m’ont donné quelques sueurs froides. Nous retrouvons Miriam déjà embarquée avec des participants assistés.
Heureusement je ne suis pas tout à fait seule, Loïc, un médium de Paris, nous rejoint, comme les autres fois, pour me donner un coup de main et partager les peines et les joies du groupe
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A Brasilia les minibus et taxis commandés nous attendent, après plus d’une heure de trajet nous arrivons enfin à Abadiânia. Jean est couché dans la voiture, ses longues jambes se reposent sur mes genoux, nous éclatons ensemble d’un fou rire tellement la tension du voyage est derrière nous et la situation est comique. Il a bien supporté le long voyage, tout le reste du groupe aussi, maintenant en route pour le dernier trajet à Abadiânia.
Je peux pousser un énorme « ouf » de soulagement une fois arrivée à la pousada ( petite pension). Reste encore la distribution des chambres qui est un peu compliquée à cause des différentes grandeurs, mais au bout d’un moment tout le monde a sa chambre. Nous pouvons alors profiter du magnifique buffet à disposition et nous avons tout l’après-midi pour nous reposer, un repos bien mérité !
Maintenant mon rôle de guide commence sur place avec une première réunion le soir pour des choses pratiques, entre autres ne pas jeter le papier de toilette dans les W.C, mais à côté dans le panier, et la première distribution des feuilles sur les règles de la Casa, à lire jusqu’au lendemain.
Le lendemain nous visitons la Casa pour nous familiariser avec le lieu, tout le monde constate et ressent les puissantes énergies qui s’en dégagent, surtout dans le grand hall. La vue est magnifique depuis la grande terrasse et le coucher du soleil a quelque chose de magique. Demain nous allons tous passer devant Joâo en Entité et beaucoup des participants du groupe sont assez nerveux. Encore une réunion ce soir pour donner toutes les informations nécessaires et calmer tout le monde.
Le matin nous nous levons très tôt pour nous trouver à la Casa devant le traducteur Martin, chacun explique le pourquoi de sa venue, ses problèmes, les demandes de guérison. Je suis à côté de Martin pour traduire si quelqu’un a besoin de mon aide. Nous nous retrouvons tous dans le grand hall, à attendre. Tout à coup l’air devient comme électrique, Joâo, le médium guérisseur vient sur l’estrade et parle pendant quelques minutes dans le micro. Il prend ensuite appui sur deux personnes, son corps est secoué de spasmes et en quelques secondes une Entité, le Dr. Augusto, a pris possession de son corps. Joâo est devenu un autre, la transformation est impressionnante. Deux jeunes femmes, les yeux fermés, sont appuyées contre le mur, elles attendent d’être opérées par Joâo en Entité. Joâo saisit des ciseaux, les introduit profondément dans une narine en les tournant. Pour l’autre femme , c’est une incision dans un sein et l’extraction d’une grosseur. Les deux femmes ne bougent pas, ne manifestent aucune douleur. Ce qui me frappe le plus, ce sont les visages radieux de ces deux opérées. Tout cela sans anesthésie, ni saignement important.
Joâo quitte le podium et s’avance dans la foule, désigne plusieurs personnes qui vont se rendre dans une autre salle. Il s’avance vers un jeune homme s’appuyant sur des béquilles, les lui enlève, lui prend la main pour le faire marcher. Et il marche, très hésitant au début, mais de plus en plus avec assurance. J’ai des larmes aux yeux ! L’air est devenu opaque, on peut presque palper des centaines d’ Entités qui sont dans la salle. Marie Claire,* de notre groupe, se laisse glisser doucement par terre en perdant conscience. Je vois que les infirmières de la Casa la transportent à l’infirmerie.
Quelle matinée ! Comme premier contact, c’est plutôt fort !
Nous voilà dans la file qui avance lentement vers Joâo en Entité. Tout se passe très rapidement, Joâo scanne chaque personne devant lui, écoute ce que le traducteur Martin lui dit et donne des instructions que la personne doit suivre : soit opération le jour même ou plus tard, soit bain de cristaux, soit prescription d’ herbes médicinales. Je suis tout près de Joâo et de Martin et j’ai beaucoup de peine à suivre pour traduire pour chaque personne, tellement ça va vite. Nous nous retrouvons dehors dans la queue pour prendre une assiette de soupe de légumes, offerte par la Casa chaque matin quand Joâo travaille.
Le groupe se partage dans l’après-midi entre opération, méditation ou bains de cristaux et nous sommes heureux de nous retrouver plus tard pour manger ensemble dans le magnifique jardin de la pousada où nous logeons.
Les réunions se succèdent tous les deux jours environ, pour des communications, des questions, du partage. L’ egregor, le capital spirituel du groupe, est comme une bassine où chacun déverse sa force pour en faire une soupe qui profite à chacun, lui permettant de grandir et de se développer chaque jour un peu plus. Loïc et moi sommes là, disponibles, à l’écoute, pour proposer des rituels dans les collines afin d’expulser le trop plein des émotions, ou de se rendre à la Cachoeira (la cascade sacrée dans les collines pas loin de la Casa).
Justement, la Cachoeira, l’endroit sacré et fort où tout est possible et imaginable. Même l’inimaginable peut s’y produire. Pour cette raison nous n’y allons jamais seul. Pour Pauline,* la Cachoeira a été une révélation pour sa vie et une meilleure prise de conscience de son passé et du deuil encore à faire. Je la vois tremblante et secouée de larmes sous cette chute d’eau, finalement assez puissante mais en même temps très douce, se cramponnant au rocher pour ne pas tomber. Au bout d’un moment j’ai senti que je devais y aller pour lui porter secours et réconfort. Elle lâche son rocher et se cramponne à moi, nous pleurons toutes les deux et doucement je la conduis sur la terre ferme. Elle vient de comprendre qu’elle n’est pas venue ici à Abadiânia pour ses problèmes de ventre, mais pour faire d’abord le deuil pour les trois êtres chers à son cœur. Le travail intérieur continuera très fort pour elle les prochains jours, ou, comme elle l’explique : j’ai l’impression d’être dans une machine à laver !
Plus tard, Helga*, en criant sous la cascade, a tout à coup perdu toute notion d’elle-même ! Une amnésie totale pendant 15 heures. Elle ne reconnaît plus rien, ni sa chambre, ni son nom, ni qui elle est. C’est assez impressionnant. Une participante du groupe se propose spontanément de dormir pour la nuit dans sa chambre pour la surveiller. J’ai confiance, je sens tout simplement que Helga est en train de vivre une expérience extraordinaire. Le lendemain la mémoire de Helga est revenue, mais elle ne sait toujours pas dans quelle galaxie elle a voyagé pendant un long moment. Elle a posé cette question à Joâo, le médium guérisseur, et avec un petit sourire il a répondu : tu vas le savoir un jour… !
De jour en jour le groupe se soude, les amitiés fortes et solides se nouent, à force de rire et de pleurer ensemble, de vivre des moments vraiment exceptionnels et magiques que nous ne pourrons plus jamais oublier.
La Casa est une vraie machine à laver. Les émotions remontent, sont brassées et nettoyées durablement. Nous côtoyons la maladie, la détresse, la souffrance, mais plus encore la joie et l’espoir. Nous oublions un peu nos propres problèmes et nous ouvrons un peu plus notre cœur pour accueillir l’autre, les autres. L’amour est là, qui ne demande qu’à être cueilli comme une belle fleur. Il est là partout, dans un regard, dans un sourire, dans un mot et nous nous connectons de nouveau avec notre être profond, notre âme. Nous vibrons à l’unisson avec l’autre, nous sommes l’Amour !
Pour certains, c’est un accouchement très difficile. Paul* est venu avec le groupe pour mettre fin à sa vie. Il a confié seulement à Loïc son énorme cri de détresse qui s’est transformé petit à petit en une paix profonde en lui, pour déclarer deux semaines plus tard : » Je suis venu pour mourir, je rentre chez moi pour vivre ! »
Marco* a une hépatite depuis l’âge de 18 ans. Les médecins ont diagnostiqué qu’il aura cette maladie jusqu’à la fin de sa vie. Il a de la peine à monter les escaliers, s’épuise vite, est sans travail, et il souffre du foie. Or, maintenant je le voir faire du jogging chaque matin dans les collines. Joâo lui a dit de venir cinq fois et il sera guéri, il devient chaque jour plus lumineux !
Je pense que je suis vraiment bien protégée par les Entités. Chaque groupe, chaque personne me fait avancer sur mon propre chemin de développement, sur ma propre légende personnelle.
De jour en jour Jean va mieux, il a déjà subi deux opérations invisibles et veut prolonger son séjour, même un mur de plus de deux mètres de haut en pleine nuit ne lui fait plus peur, il l’escalade pour rentrer se coucher ! Un bel exploit pour quelqu’un qui souffre d’une double hernie discale.
Beaucoup de personnes du groupe constatent qu’initialement ils sont venus à Abadiânia pour leur problème physique. Or, après quelques jours déjà, ce problème est carrément relégué au second, voire au troisième plan. Au fond de nous-mêmes nous savons que pour guérir notre corps physique, nous devons en premier lieu passer par la guérison des émotions, du mental et du spirituel, la dernière étape à franchir est le corps. Et c’est absolument magnifique de voir l’ouverture du cœur de chaque personne du groupe.
Les quatre jours où la Casa est fermée, le groupe se repose, les jours avec Joâo ont été plus qu’intenses et nous sommes tous fatigués. Manger, boire, se parler, se balancer doucement dans les hamacs au jardin, se promener dans les collines, lire et se réunir, ces journées- là sont bien remplies aussi.
Après deux ou trois semaines nous rentrons dans nos pays respectifs avec souvent une seule idée en tête, y retourner pour refaire le plein d’énergie, d’amour, de joie et de confiance. Ce lieu métamorphose, transforme, régénère l’âme et l’esprit autant que le corps. Ma mission est accomplie quand la petite veilleuse en chacun se transforme en une belle lumière et, pourquoi pas, en un énorme geyser pour irradier et illuminer notre vie et toute la planète de sa magie.
Julia ANDREE